Reportage /Dépravation des mœurs Tout sur la folie du sexe dans les maquis et bars à Abidjan

Publié dans Société
mercredi, 18 octobre 2017 00:00
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En Zone 4, Riviera, Yopougon, Adjamé ou Abobo … c’est la folie du sexe dans les bars et boites de nuit. Les soirs, les amateurs de sensations fortes se donnent rendez-vous dans ces  espaces clos de démesure et de haute prostitution pour admirer les danseuses nues, perles aux reins, qui se laissent aller à toutes sortes de mouvements et gestes sexy pour les faire fantasmer. Voyage au cœur de ces nids d'immoralité et de jeux de la perversité.

 " Soirée Galienté", le phénomène de nudisme pratiqué dans les bars climatisés par certaines jeunes filles gagne de plus en plus du terrain. Une pratique qui met à mal les mœurs en Côte d'Ivoire.  Pratiqué autrefois dans des clubs privés, le nudisme s'est aujourd'hui vulgarisé. A Abidjan, et singulièrement dans des quartiers de chaudes ambiances nocturnes tels que Yopougon, Marcory, Angré, et Treichville, le phénomène est répandu. Au point qu'il n'existe à l'heure actuelle aucun bar climatisé digne de ce nom qui n'offre ce spectacle des plus indignes et dépravants. Une incursion dans ces lieux est édifiante.  Jeunes et  vieux y vont à la nuit tombée pour admirer les danseuses nues, perles aux reins  qui se laissent aller à toutes sortes de mouvements et gestes sexy autour d’une barre de fer en forme de T. Au son de musique endiablée. Samedi dernier,  nous avons fait un tour dans un de ces bars à Abobo-Sogefiha. Dès que nous avons mis les pieds dans le bar, nous avons été  happés par une horde de jeunes filles à moitié vêtue. On a l’embarras du choix. Tina au premier regard a acquis notre sympathie. Habillée d’une jupe ultra courte d’où on apercevait un string ultra fin, nombril au vent. On pouvait facilement admirer ses cuisses avec une bonne vue du tatouage. Le tout supplanté par un cordage blanc ayant du mal à contenir une paire de seins bien fermes. Lorsqu’elle tourne le dos, le spectacle est ahurissant. L’on peut admirer à satiété la raie de fesses avec la jupette qu’elle a descendue exprès pour que les clients admirent son postérieur. La couleur rouge tamisée donne une certaine intimité à ce lieu. Ici, les filles du bar peuvent être sollicitées par des clients plus âgés ou pervers à souhait. Pour une partie de fellation ou d'amour ou encore de partouze. « Nous faisons ce que les clients nous demandent. En fonction donc de son goût, nous nous exécutons. Chaque plaisir a son prix. Dans ce cas, le client peut débourser pour chacune d'entre nous la somme de 10 à 15.000 Fcfa », indique Tina, une serveuse très alerte dans la tentation qui nous a rejoint plus tard. De teint clair, elle porte un piercing au nez et un autre au nombril, un tatouage sur le dos. Sans gêne aucune, elle se faufile entre les différentes tables…nues. Avec des perles aux reins. Avec ce style provocateur, Tina sert la boisson à la clientèle. Surtout que la nature lui a fait grâce d’avoir un postérieur de rêve. Selon ses explications, elle s’en sort au petit matin avec la coquette somme de 30.000 frs. Ici, le salon privé qui peut recevoir une dizaine de personnes est le lieu idéal pour faire l’amour. A certaines tables, des filles miment des scènes de rapport sur le client, la jupette enlevée et le string bien en vue. Le client à ce moment, est invité  à toucher toutes les parties sensibles de la serveuse.  « « Si tu veux, on peut aller « s’enjailler » dans le Vip (ndlr : Very important person), c’est 10 000 fcfa et on se met à l’aise », me lance la jeune fille. Devant mon air hésitant, elle accélère le massage et les caresses .Dans les autres salons, au son écrasant de la musique, tous les clients sont à la merci des serveuses très disponibles. Cigarette à la bouche souvent bière à la main, maquillée à outrance, elles n’ont pas froid aux yeux. Des filles,  à moitié nues, pour les unes, d’autres totalement dévêtues, esquissent des mouvements des plus obscènes. Sur le podium planté devant un grand miroir, les serveuses et les danseuses, perles autour de la hanche, s'adonnent à toutes sortes de mouvements et gestes sexy pour faire fantasmer le client.  « Sont-elles droguées ? » interroge mon voisin. De passage, le Dj reconnaît mon compagnon. Nous lui adressons quelques compliments pour son « ingéniosité » dans le bar. Il nous explique que c’est la nouvelle tendance dans les bars pour fidéliser les clients. « Les clients veulent désormais des sensations fortes après les pesanteurs socioprofessionnelles  de la journée. On a constaté qu’ils s’ennuient dans les bars classiques. Donc ici nous mettons à leur service des filles et les conditions pour les faire fantasmer. ».

La folie du sexe

Le phénomène prend vraiment de l’ampleur  à travers les 10 communes d’Abidjan. De très belles filles dansent en se déshabillant complètement,  écartant fesses et jambes pour vous montrer tout ce que les autres femmes cachent si jalousement.  Il suffit de faire un tour à Yopougon Maroc, en Zone 4, Koumassi, Marcory, Treichville, Abobo pour voir des spectacles inouïs. Initialement destinés à une clientèle sélectionnée, les bars climatisés sont devenus aujourd'hui de hauts lieux de perversion où alcool,  cigarette, strip-tease et même partouze se côtoient. Les bars climatisés qui ont vu le jour il y a une demi-douzaine d'années, pour permettre aux noctambules d'échapper aux bruits des boîtes de nuit et des maquis sont devenus, en peu de temps, des nids d'immoralité. Lorsqu’il est minuit, le spectacle peut commencer. Au milieu de la salle : le podium. Près de 4 mètres carrées. Un poteau en métal en forme de T  est planté au bout de  la scène. Sur la piste de danse une dizaine de filles  en mini jupes de couleur blanche, décolletés laissant entrevoir le nombril, le tout couronné par des maquillages bien assortis.

Des scènes obscènes

Au son d'une musique langoureuse, érotique à souhait, une  danseuse  en  bottines en cuir au talon de 10 cm au moins, en culotte et soutien-gorge, esquisse des pas. Se contorsionne autour de la barre de fer. Sous les atalaku  du Dj, elle s’approche de la barre en forme de T pour son tour de striptease. Après des mimiques d’actes sexuels et des déhanchements, elle enlève son caleçon puis son string. On peut l’admirer dans son état d’Adam et Eve. Le public est en délire. A chaque passage, les danseuses montent d’un cran dans l’obscénité. Les clientes sont momifiées. Les mâles exultent. Ils en redemandent encore .Le Dj lance des atalaku, pour ceux qui ont quelque chose à déclarer, les bons payeurs. Des clients se dirigent vers les danseuses nues, tirent leurs petites chaines autour des reins et y accrochent un billet de banque. C’est l’extase totale.  La barre de fer qui se dresse magistralement au milieu de la piste de danse subit la furia de notre voluptueuse et sensuelle danseuse. Elle y monte, s'y entrelace. Offrant ainsi à la vue des spectateurs hébétés toute sa thébaïde ouverte.  Sur toutes les tables, tous les clients sont à la merci des caresses et autres gestes osés des jeunes filles. Personne ne fait attention à son voisin. Ceux qui n’en peuvent plus des caresses prennent la direction du privé pour une partie de jambes en l’air. Cela, à la grande satisfaction de la clientèle qui ne désemplit pas les week-ends et jours ouvrables. Ces différents jeux du vice et de  perversité sont devenus, pratiquement, la principale marchandise des bars climatisés : « 9 sur 10 bars  dignes de ce nom proposent des services de nudité. C'est ainsi que fonctionnent les bars climatisés aujourd'hui. Si tu ne rentres pas dans le contexte, ton bar ne marche pas », confient des promoteurs et autres noceurs.

Le cercle vicieux de la prostitution

Il y a deux catégories de personnes qui travaillent dans les bars climatisés : les serveuses et les danseuses. Moi, je fais partie de la première catégorie. « Nous n'avons pas besoin d'exhiber notre corps encore moins notre sexe à la clientèle », martèle-t-elle. Et de poursuivre : « Je vis avec quelqu'un. Il n'est pas question d'aller au-delà de mon rôle en offrant mon corps à tout le monde. Si cela devient une exigence, je serai obligée de démissionner ». C'est vous dire que tout est une question d'éducation. Les danseuses sont payées à 3.000 Fcfa par jour contre 2.000 Fcfa pour les serveuses. En plus, une serveuse gagne 500 Fcfa sur chaque client qu'elle installe et lorsqu'un client l’invite à prendre un pot. Les filles, qu'elles soient serveuses ou danseuses, ont un goût prononcé pour l'alcool, la cigarette, le sexe. 30.000 Fcfa pour une partouze. Même si elles refusent qu'on les taxe de prostituées, beaucoup de filles des bars climatisés ne sont pas différentes de celles qu’on trouve aux abords des rues de la capitale économique, une fois la nuit tombée. Lorsqu'on nous déplace de notre lieu de travail, la facture peut s'élever à 20.000 ou 25.000 Fcfa la nuit selon les négociations, explique Anna. Nous faisons ce que les clients nous demandent. En fonction donc de son goût, nous nous exécutons. Car ce plaisir a son prix. Dans ce cas, le client peut débourser pour chacune d'entre nous la somme de 10 à 15.000 Fcfa, indique Anna. C'est ainsi que fonctionnent les bars climatisés.  Malheureusement, les victimes de ces mauvais jeux restent les jeunes filles, prises entre le marteau de la pauvreté et l’enclume des proxénètes tapis dans l’ombre.  On les retrouve dans les dix communes de la ville d’Abidjan et dans toutes les couches sociales. De véritables dangers sociaux qui ont besoin d’être sauvés. Car au fil des ans, l'amour, elles ne savent plus ce que c'est. Elles vivent au rythme des plaisirs de la chair et de la vie. Ces filles n'ont pas honte. Elles draguent sans complexe. Elles sont toujours de bonne humeur. Et elles savent comment se comporter. Touchée par le vertige de sa propre beauté, une certaine gente féminine s’engouffre dans les abysses de la nudité publique. Et elles sont de plus en plus jeunes à se montrer dans le plus strict appareil. Les bonnes consciences s’en offusquent tandis que le plus grand nombre semble s’en réjouir. La rue, les salles de karaoké, les bars et maquis, les hôtels, … sont le théâtre de prédilection de cette tendance. Jusqu’où iront ces belles à fric dans leur volonté de séduire les hommes ? Symbole d’une Côte d’Ivoire en pleine déchéance morale. A l'église, on dit qu'elles sont possédées par le diable.

Abou Traoré

 

Un mal à plusieurs têtes

Comment ces belles et jeunes créatures qui peuvent exercer des activités professionnelles honorables s'adonnent-elles à ce genre de pratiques ? Anna  évoque des problèmes de pauvreté. « Je n'avais plus rien comme argent pour subvenir à mes besoins », et de poursuivre « j'ai un enfant qu'il faut nourrir ». Selon elle, elle n’avait pas d'autre choix que de basculer dans ce travail de la nuit. Sylvie parle pour sa part de problèmes familiaux. « Ma maman ne vit plus avec mon père et sa nouvelle femme ne veut pas me voir ». Elle va plus loin en précisant. «  C’est pour toutes ces raisons, que j'ai quitté le domicile familial pour me débrouiller », lance-t-elle. Pratiqué autrefois dans des clubs privés, le nudisme s'est aujourd'hui vulgarisé. A Abidjan, et singulièrement dans les quartiers chauds tels que Yopougon, Marcory, Angré, et Treichville, le phénomène est répandu. Au point qu'il n'existe à l'heure actuelle aucun bar climatisé digne de ce nom qui n'offre ce spectacle des plus indignes et dépravants. Le spectacle amoral et immoral qu'offrent à la fois les bars climatisés d'Abidjan ne laisse personne indifférent. La société ivoirienne révèle ainsi l'état de déliquescence morale dans laquelle l'ont plongé ces moeurs empruntées à l'Occident. Pour certains adeptes de ces endroits, cela permet de vider les pesanteurs socioéconomiques. Pour d’autres c’est le signe de la déchéance morale de la Côte d’Ivoire. Pour la classe intellectuelle, la prostitution est  devenue un marché très lucratif. Car, les femmes sont utilisées comme objets de fascination, marchandises ou appâts. Une enquête réalisée en 2006 par l’IMS des étudiants en criminologie dans le District d’Abidjan,  révèle que 60% de la population ivoirienne est célibataire au sens large du terme, c’est-à-dire, sans conjoint. 10,12% de la population est au chômage et en quête d’emploi, et 33% des ménages sont dirigés par des femmes. On le voit, les personnes célibataires, pour la plupart, vont dans des maquis ou bars pour s’approprier des compagnes. Le taux élevé de cette population implique donc une forte demande en matière de « produits » des maquis notamment, la femme, la boisson et autres … Cela explique bien l’une des motivations de la prolifération anarchique des « maquis » et assimilés. De plus, 33% des femmes dirigent financièrement leur foyer alors que 40,18% de jeunes sont sans emplois. Les femmes sans emplois sont contraintes à la prostitution pour assurer de façon régulière leurs charges financières, familiales ou pour assurer leur survie. Mais, au-delà, on peut y trouver des femmes qui y viennent par snobisme. On comprend donc les motivations de cette exploitation juteuse de la sexualité féminine. Cependant, ces structures dont l’activité va contre les mœurs, méritent-elles d’exister ? La brigade mondaine, chargée de la répression des infractions contre les mœurs, est très souvent absente. Pis, selon certaines sources dignes de foi, les agents de la brigade mondaine sont les meilleurs clients de ces endroits. Certains sites, comme La rue princesse, reconnus pour être des nids de promotion de la prostitution et  de la délinquance  dans le district d’Abidjan, ont subi la foudre dévastatrice des bulldozers de la ministre de la salubrité urbaine d’alors. Aujourd’hui, certaines jeunes filles font recours à une autre forme de prostitution : la prostitution sur Internet. Elles font la rencontre des hommes férus de sensation forte. Sur Internet, on affectionne la démesure et sans restriction. En 2014, la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, Anne Désirée Ouloto avait lancé une campagne contre les bars climatisés et autres espaces de loisirs employant des jeunes filles prostituées ou des danseuses nues. Une campagne restée sans suite après la fermeture de trois établissements.

A.T.

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