Pratiques occultes Tout sur le trafic des organes humains dans les cimetières de Williamsville, Yopougon, Abobo

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Publié dans Société
mercredi, 18 octobre 2017 00:00
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Les cimetières du district d’Abidjan sont jours et nuits pris d’assaut par ces hommes à la recherche d’organes humains pour des sacrifices afin d’accéder à un poste politique ou autres biens matériels. Alors, ces de repos des morts deviennent  de hauts lieux de business. Enquête sur un scandale qui défie toute morale et bon sens.

Les crimes rituels sont une réalité dans les cimetières du district d’Abidjan. Et marabouts, féticheurs et autres charlatans réalisent de meilleurs chiffres d’affaires grâce aux individus en quête de pouvoirs et autres. Ainsi, « de jour comme de nuit, les cimetières sont beaucoup visités. Et des tombes profanées», révèle A. J, gardien dans un cimetière du district  d’Abidjan. Aujourd’hui, les cimetières d’Abidjan et banlieue sont des lieux de trafics intenses. Messes noires dans les cimetières, exorcismes dans les hautes sphères, cultes religieux en faveur des divinités païennes et autres rites étranges. Les tombes sont fouillées. Des corps déterrés par des individus sans scrupule. En quête d’organes humains pour des pratiques occultes qui rendraient riche et donneraient des pouvoirs surnaturels. A partir des organes extraits, marabouts et autres féticheurs confectionnent des fétiches pour leurs clients qui courent après la puissance et autres "pouvoirs".

 

Ce qui se passe dans les cimetières d’Abidjan…

A Abobo, lors d’une journée ensoleillée d’octobre, nous franchissons la porte d’entrée du cimetière contiguë à Biabou sur la route d’Alépé. Il est 11 heures. Les responsables de l’établissement ne font pas attention aux allées et venues des visiteurs. Nous nous adressons à un groupe de jeunes gens qui errent aux abords des cimetières et qui sont commis à plusieurs menus travaux. Par précaution, nous demandons à voir le plus âgé du groupe en aparté. Notre préoccupation étant secrète, ce dernier nous demande de le suivre hors du cimetière. « Ce genre d’affaires doit se régler à l’insu des patrons assis non loin de là », nous confie notre interlocuteur. Une fois à l’extérieur du cimetière, il nous fait comprendre qu’il lui faut tout d’abord aviser un autre. Celui-là même qui a l’habitude de traiter ‘’ce genre d’affaires’’, à savoir le ‘’business des organes humains ». Ce dernier avoue que nombreux sont les grands types du pays qui viennent lui demander ce service. « Et même cette semaine, (ndlr deuxième semaine du mois d’octobre) des députés, des maires ou ceux qui veulent être candidats aux élections ont reçu des organes humains de toutes sortes  de ma part. Le reste, c’est au téléphone que nous allons le gérer », nous confie le jeune « rat des cimetières. Depuis des années selon ses dires, lui et ses camarades écument le cimetière d’Abobo, sans crainte. Ils sont plus d’une dizaine qui rôde autour du cimetière et à qui on peut demander des petits boulots plus ou moins licites. Tantôt fossoyeurs, tantôt à la disposition des personnes pour les sales boulots au sein des cimetières. Il connaît tous les coins et recoins qui mènent au cimetière « sans se faire voir par des regards indiscrets ». Pour ne pas attirer les regards, il nous laisse son contact et  demande de l’appeler dans une heure. A l’heure indiquée, mon interlocuteur fixe le prix. D’un cimetière à l’autre, la pratique est réelle. Et nous avons voulu voir les choses de plus près. Alors d’Abobo, notre équipe de reportage se retrouve à Williamsville. Nous nous faisons passer pour un homme qui a été envoyé par un ‘’grand homme politique’’ qui veut  un organe humain. Le  mardi 11 octobre dernier, aux environs de 11 heures, nous sommes approchés par un employé du cimetière qui nous demande l’objet de notre visite. Surtout qu’il n’y avait pas d’enterrement à ce moment-là. Nous lui faisons comprendre discrètement que nous sommes à la recherche d’un organe humain déjà enterré. Ainsi, l’homme nous indique un jeune homme qui semble bien placé pour répondre à notre préoccupation. Il se présente à nous comme étant du service entretien. Feignant d’être  très préoccupé, nous lui faisons part de notre ‘’ problème’’ en ces termes : « Nous sommes  à la recherche d’un arrangement à l’amiable pour avoir un organe humain. Car nous avons été envoyés par un grand homme politique du pays avec assez d’argent ». Notre  interlocuteur ne passera pas par quatre chemins pour nous faire comprendre que ce genre de pratiques se fait toujours au cimetière de Williamsville. « Je comprends votre problème, mais ici on ne peut faire ça que la nuit. Le cimetière est strictement surveillé la journée. Mais tu peux venir à partir de 22 heures »,  nous indique-t-il. N’étant pas satisfait de sa réponse, nous nous dirigeons vers le cimetière. Une fois sur les lieux, nous approchons discrètement un agent chargé de l’entretien des tombes. Nous tentons le même coup avec lui. Même réponse. « Le rat »  va même plus loin en faisant une révélation de taille. « Tu n’es pas le seul à venir ici. Si tu arrives ce soir ici tu verras des hommes politiques et même des hauts cadres du pays défiler », nous fait-il  savoir.  Nous comprenons dès lors  que le trafic d’organes humains est à l’ordre du jour dans tous les cimetières du district d’Abidjan. Pour des clients de marque comme des élus, des chefs d’entreprises, des politiques etc…

 

Le   business des organes humains

Aujourd’hui, selon divers témoignages, on assiste à la naissance  des réseaux de profanateurs de tombes qui profitent du délaissement des cimetières. Sur leur liste, il y a des hommes politiques, des guérisseurs, des cadres de tous ordres, même des femmes à la recherche d'une ascension sociale. Ces personnes, sans foi ni loi, sollicitent régulièrement des organes génitaux, la langue, le sang, les yeux, les phalanges de l’être humain, pour des besoins surnaturels. Les périodes de traites restent celles des élections. A l’approche des élections législatives et municipales, aujourd’hui les cimetières sont mouvementés, personne ne chôme. Les personnes appelées « les rats » du cimetière se font de l’argent. Ces cimetières sont fréquentés de plus en plus par des hommes politiques vu que les élections approchent à grands pas. Ces hommes politiques sont à la recherche des restes des corps humains ou de certaines parties du corps demandés par leur marabout pour des rituels afin d’être élus. Naturellement, face à ces pratiques horribles, les corps enterrés clandestinement sont les plus exposés. Il y en a pour tous les prix. Revenant à notre contact d’Abobo, à l’heure convenue, nous l’appelons. Il  fixe le prix à 70.000 francs. Et  après négociation, nous tombons d’accord sur la somme de  65.000 francs. « Il faut venir à 20 heures. Et lorsque tu seras proche du cimetière à l’heure indiquée, fais-nous signe ! A cette heure, les responsables ont déjà quitté les lieux. Pendant ce temps, on aura trouvé ce que vous demandez. Mais attention. Ne venez pas avec quelqu’un », nous conseille-t-il. Ce qui est sûr, il y en a pour toutes les bourses. Après leur avoir donné de faux espoirs, nous joignons par téléphone un peu plus tard nos contacts du cimetière de Williamsville  pour les informer de ce  que nous avons eu ce que nous cherchions. Si le trafic des organes humains est une véritable activité pour des gens sans foi ni loi, il est également multiforme. Une chose est sûre. Avec de l’argent, on peut se procurer tout ce que l’on désire avec les rats des cimetières. Le sexe, le crâne, les os, le linceul, etc. Un commerce dans lequel se sont spécialisées certaines personnes qui, dans bien des cas, ne travaillent même pas dans les cimetières devenus trop vastes pour les gardiens. Surtout en l’absence de clôture. Ce qui fait qu’il y a plusieurs entrées. Toute chose qui contrarie leur travail.  Des opérations macabres rendues possibles dans la mesure où les cimetières d’Abidjan sont soumis à une surveillance moins accrue. Les vieilles sépultures dans les cimetières d’Abobo, Yopougon, Anyama et autres, abandonnées dans la brousse,  subissent la fougue des fossoyeurs. Les cimetières sont le plus souvent dans un état de délabrement très avancé. L’érosion, les termites, les rats et les reptiles qui fouinent le sol, se réfugient dans les demeures provisoires ou éternelles des morts. Des fosses perdues de vue par les parents, faute d’immatriculation ou de repères, des tombeaux éventrés, des corps mutilés, les cimetières offrent un spectacle désolant. L’état de délabrement des   ‘’maisons de morts’’ est alarmant et mérite qu’on y accorde une attention particulière. Comment chacun entretient-il la demeure des défunts? Là est la grande question qui doit retenir l’attention de tous. Dans le cadre d’une de nos récentes enquêtes sur la question, M. Ouattara, marabout depuis vingt ans, nous révélait la ‘’puissance des cimetières’’. « Le pouvoir des cimetières est très large. A travers le cimetière, on fait beaucoup de choses. Les organes des morts, les plantes et même le sable … pris au cimetière entrent dans la confection de divers médicaments et talismans. Certaines personnes vont recueillir leur puissance à partir des cimetières pour guérir des malades, d’autres pour éviter les mauvais sorts etc. A travers les cadavres, les revenants, qui leur procurent des forces », nous confie-t-il.

Au milieu de ses talismans.

Selon lui, le cimetière et l’esprit des morts sont des chemins pour nuire à son prochain ou acquérir certains pouvoirs surnaturels. A en croire le mystique, « ce monde du mystère est très large et dépasse l’entendement de l’homme. Même les herbes, les plantes qui sont au cimetière ont des puissances. Il suffit de déposer certaines choses au cimetière pour entrer en contact avec les esprits des morts qui vous parlent et vous indiquent le chemin pour enrichir ou guérir telle ou telle personne ».  Au terme de notre enquête, nous comprenons  que par envie de devenir aussi Député, Maire, Ministre ou élu dans la vie, des hommes sont prêts à perdre leur humanité pour emprunter le chemin de l’occultisme, même à ôter la vie de leurs semblables. Et même profaner des tombes pour accéder à leur désir. Quelle misère de l’âme ! Franchement, mille fois Hélas !

 

A.TRAORE

 

Une pratique immorale

Les morts continuent d’être violés dans leur intimité. Les cimetières municipaux sont régulièrement le théâtre d’actes de profanation à Abidjan et ailleurs. Des fosses éventrées et vidées de tout ou partie de leur contenu, des individus souvent surpris en possession de crânes, tibias, côtes et autres organes humains. Autour des dépouilles mortelles, se nourrit un vaste trafic d’ossements humains, en complicité avec des gardiens de « maisons de morts » et des charlatans pour des opérations occultes. Ces objets, à en croire certaines superstitions, serviraient à faire des gris-gris pour nuire à autrui, ou se préserver contre les mauvais sorts ou encore à prospérer  dans les affaires. Ainsi, au lendemain des enterrements, des indélicats mus par le gain facile, s’attaquent aux doigts, au cou des cadavres ensevelis, pour les dépouiller soit d’une bague en or ou d’un collier de grande valeur, si ce n’est les organes humains qui les intéressent. Toute la question est de savoir pourquoi cette idée et ce principe occupent une telle place dans nos jugements moraux ? La réponse à cette préoccupation peut venir de nos guides religieux. Interrogé sur cette question, l’Imam Doumbia est ferme. Selon lui, tous ceux qui osent mettre fin à la vie d’autrui ou acheter des organes humains dans les cimetières pour être au pouvoir iront tous en enfer le jour du jugement dernier. « Il est écrit dans le ‘’KITAB Moukadamatoul-el-izia’’ que toute personne qui utilisera une partie de l’être humain pour un besoin quelconque, est une saleté ». Et n’aura pas droit au jugement dernier. Car, « sa place est  en enfer », confie-t-il. Même explication du côté de l’église. Selon frère Antoni, l’église rejette cette pratique car, elle désacralise le corps humain. Et le saint esprit va contre ce phénomène qui n’honore pas l’homme. « C’est anti morale, un sacrilège », explique-t-il. Il affirme également que dans la  société, il y a des choses qu’on peut vendre et acheter et d’autres pas.  Malheureusement, cette pratique reste et demeure dans notre société pour des enjeux politiques.

A .T.

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