Reportage/Conflit communautaire à Guiglo Sur les traces des victimes du conflit communautaire de la forêt de Goin-Débé

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Publié dans Société
samedi, 11 novembre 2017 00:00
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Tout sur un drame humanitaire

A côté des ballets de dirigeants politiques, responsables d’ONG et de communautés, des centaines de personnes  gardent les stigmates du conflit intercommunautaire qui a secoué pendant plus de 2 mois la région du Cavally.

Deux semaines, après le retour au calme, le Sursaut a fait un voyage au  cœur de ce drame social. De Blolequin en passant par Guiglo, Beoua, Kaadé… nous avons donné la parole aux victimes et acteurs de ce conflit.

‘’ Nous pouvons dire que le calme est revenu, même si cela est précaire. Et on ne peut pas prédire de ce qui va arriver demain. Pour l’instant ça va ». Ces propos du commandant de brigade de la gendarmerie de Guiglo ce jeudi 09 novembre sont  les sentiments partagés par la quasi-totalité des habitants de la région de Guiglo, deux semaines après les affrontements intercommunautaires qui ont fait des morts, plusieurs blessés et de nombreux disparus. M . Bassei, instituteur pour sa part reste pessimiste. « Pour l’instant, le calme est revenu. Mais pour combien de temps ? Car le problème de fond qui est en mon sens celui de la terre n’est pas résolu ». Au quartier Déguerpis, le domicile incendié du chef de la communauté Akan, témoigne de l’ampleur des affrontements. C’est un domicile complétement calciné. Les effets vestimentaires, les meubles, les matériels électroniques et de cuisine… tout est parti en fumé. Les carcasses dont personne n’a encore touché, trainent dans et autour du domicile. « C’était en mon absence. Tout ceci s’est passé le 02 novembre. Après la mort d’un jeune Gueré ces derniers ont porté le corps en ville et se sont attaqués au domicile du chef de la communauté Akan, Méa Akèssè car selon eux ce sont les Baoulé qui ont tué le jeune Guéré. Ma maison a été incendiée. J’ai eu la chance que le feu ne se soit pas propagé chez moi. Je me demande qui va réparer ma maison », expliqué la propriétaire du domicile, veuve Dame Suzanne Zoh, au bord des larmes. Sa maison a échappé de peu aux flammes. M. Gouelé René, voisin, se rappelle de l’ambiance qui a prévalue ce soir du 02 novembre. « C’était une atmosphère de guerre. Tout le monde s’est terré. C’était vraiment difficile », raconte-t-il. Même le domicile du préfet de Région n’a pas échappé à la colère des jeunes Guéré. Son bureau comme domicile ont été saccagés. Dans la cour de la Préfecture,  en effet, on peut encore apercevoir la carcasse d’un véhicule incendié, témoin de l’ampleur des violences. Plus loin, au sein de la Sous-préfecture de la ville, le spectacle est désolant. Tout a été pillé et saccagé. « Aujourd’hui, on ne peut plus faire de pièces administratives (Extrait de naissance, carte d’identité, etc.) à Guiglo. Tout a été saccagé, pillé », raconte notre guide. Dans la cour, un cargo de police veille au grain et filtre les entrées. Du côté des cadres de Guiglo comme des premiers responsables de la communauté Akan (Baoulé), on s’interroge toujours sur les raisons de cette colère de leurs « tuteurs Guéré ». En l’absence du préfet de région, le secrétaire général 2 de la préfecture n’a pas souhaité faire de commentaire sur cette situation. « Le conflit est parti de la violation d’une propriété de l’État de Côte d’Ivoire, qui est la forêt classée du Goin-Débé, une aire protégée située à l’ouest précisément dans la région du Cavally. Des voyous se sont rendus dans les lieux depuis années. Chez le Wê une forêt classée reste une forêt classée. Malheureusement aujourd’hui ces mêmes individus ont par la force de leurs moyens, déplacé le problème vers la ville et les populations en souffrent » explique  Sérodé Gui Hervé, député de Guiglo commune et président du parlementaire « Nouvelle Vision ». Avant de dresser un bilan. « 10 morts par balles, des disparus, des personnes dans le coma, des blessés par balles et par machettes, des corps retrouvés dans des endroits bien définis en présence des  forces sécuritaires, c’est un bilan lourd. On est en droit de se poser des questions. Je ne vais plus faire de commentaire. Je ne sais pas quel est le rôle de la gendarmerie ou de la police dans une région. En définitive, il faut retenir qu’il y a un sentiment d’impunité et que les populations sont abandonnées », déplore l’Honorable Serodé.

« Nous avons eu la peur de notre vie »

« Plus de 50 campements ont été pillés et brûlés, environ 16 morts. Ce que nous ne comprenons pas c’est que c’est nous qui ne sommes pas dans les forêts classées qui payons aujourd’hui les pots cassés », explique pour sa part l’adjoint au chef Akan, Djè Nguessan, que nous avons rencontré à son domicile. « Je n’accuse pas dans cette crise les Guéré, mais l’Etat. C’est l’Etat qui a été faible. Il a laissé les gens s’entretuer et les meurtriers impunis. Il faut que l’Eta mette de l’ordre », accuse le chef de communauté. « On n’a jamais  vu Guiglo  ce qui vient de se passer. Même pendant la crise on n’a pas eu une telle ampleur. Les premiers jours on a eu une vague de plus de 3 à 4 000 déplacés qui ont fui les forêts classées pour se réfugier en ville. Ensuite une seconde vague de plus de 5000 déplacés qui ont fui les campements de Zeaglo et de Mouna qui se sont déportés à Guiglo. C’était pénible », raconte le chef Akan. Au complexe socio-éducatif de Guiglo qui a accueilli plus de 6000 déplacés, les stigmates de cette parenthèse de violence sont visibles à l’entrée du complexe. Le portail défoncé, ,les latrines d’usage, les murs du bâtiment central défraichis, etc., depuis le passage des milliers de déplacés. « Ce qui s’est passé nous a fortement marqué. Les déplacés étaient trop nombreux par rapport aux moyens à notre disposition. J’avais mal  au cœur de voir toutes ces personnes en détresse. Aujourd’hui on sent la méfiance de part et d’autre. Les fonctionnaires sont peur. Tout mon souhait c’est que le dialogue prévale pour une renforcer la cohésion sociale », nous a confié  la directrice de la Femme, de la Protection de  l’Enfant et de la Solidarité du Cavally, Mme Nanga Marie Louise. Elle déplore également les nombreux cas de viols qui ont été enregistrés lors de ces évènements malheureux, sans donner de chiffre exact. « Il faut penser à n plan de réhabilitation du complexe qui a été fortement dégradé après le passage des déplacés. Le centre a été obligé de mettre les enfants de la maternelle en congé forcé afin de recevoir les déplacés. Il faut réfléchir  à mettre en place quelques commodités », plaide pour sa part, le directeur du complexe socio-éducatif de Guiglo, M. Djè Djanhoué.  « Nous avons eu la peur de notre vie à certains moment. Le portail a été défoncé. Nous avons traversé des moments difficiles.», relate notre interlocuteur. Selon lui, le centre a été mis à rude épreuve lors de ces évènements, ‘’ dans la mesure où en plus de recevoir les déplacés, il fallait assurer leur prise charge médical de façon systématique  en collaboration avec la préfecture et autres service de l’Etat’’. Les quelques déplacés  issus de la communauté Akan et burkinabé rencontrés dans la ville de Guiglo se sont abstenus de se prononcer sur leur situation. Pour le président  des  jeunes Wê du quartier Nicla de Guiglo, Todé Tia Clément, il faut prendre du recul avant de situer les responsabilités dans cette crise. « Les dernières informations qui nous parviennent mettent en doute les premières versions quant à ceux qui auraient tué les jeunes Gueré. Il y a de mauvaises personnes qui veulent réveiller les vieux conflits. C’est pourquoi j’appelle les jeunes Gueré au calme et à ne pas poser des actes qu’on pourra regretter demain. Il y a trop de choses qui se passent autour de la forêt de Goin-Débé. Il faut éviter de tirer les conclusions hâtives », nous a-t-il confié

A Beoua, la veuve et les parents du président de jeunes inconsolables

La grosse colère de la population autochtone Gueré est selon tous les témoignages recueillis sur le terrain, serait due à la mort du président des jeunes de Beoua, Sronhon Évariste. « C’est après la mort de Sronhon Évariste, le 02 novembre que les Gueré ont transporté le corps en ville et ont débuté les représailles contre les allochtones Baoulé », explique Nestor Guehi, chauffeur de taxi à Guiglo. Situé à une vingtaine de Kilomètres de Guiglo, le village de Beoua, où nous mettons pieds ce vendredi midi, est perçu comme le symbole de la colère des Guéré. « Cette crise tire son origine de la forêt de Goin-Débé. Depuis 1973, on ne sait pas qui a donné l’ordre aux Baoulé de s’installer dans cette forêt et ces derniers refusent que les Gueré s’y installent également. On ne peut pas comprendre qu’on laisse un groupe s’installer et l’autre pas. Aujourd’hui les Guéré veulent s’installer, d’où cette crise. Nous avons dans ce sens rédigé 4 accords qui ont tous été déchirés par les Baoulé », explique le chef de village de Beoua Daglohi Martin  que nous avons rencontré en compagnie de sa notabilité. Pour le chef de canton de Beoua, Gouin Noel, ‘’cette forêt classée est devenue cacao classée et c’est légitime que les Gueré aient accès à la forêt ‘’. A quelques encablures du domicile du chef, le deuil est lourd du côté du défunt qui a laissé 6 enfants et une veuve enceinte. Dans la case de veuvage, Dame Sronhon  et sa belle-mère ont le regard lourd, étreint par la douleur. « Notre douleur est inexplicable. Comment prendre en charge les enfants laissés par le défunt, en plus de sa mère qui est âgée ? », s’interroge, le regard vide, l’aîné de la famille Sronhon. « Nous n’arrivons toujours pas à comprendre ce qui se passe d’autant que nous avons toujours vécu en intelligence avec nos frères Lobi et Burkinabè. Notre message est celui de l’apaisement. Nous ne cessons de dire qu’il faut aller à l’apaisement », indique le frère du défunt. A quelques kilomètres de Beoua, à Kaadé, selon les confidences des villageois, on a enregistré depuis, la disparition de 4 personnes travaillant dans la plantation d’hévéa du ministre Hubert Oulai. Et aucune  trace d’eux depuis bientôt un mois selon les villageois. A Mouna, autre village, on a enregistré un mort et un blessé.

« Les Dozo nous empêchent d’avoir accès à la forêt classée »

Si à Guiglo, Beoua, Mouna et Kaadé, on a enregistré des affrontements avec mort d’hommes, à Blolequin (60 kms de Guiglo), la situation est relativement précaire. « Nous avons décidé de privilégier la voie du dialogue pour le règlement de cette crise. Nous avons noué le contact avec nos frères Burkinabé, et baoulé pour qu’on s’accorde sur quelque chose pour éviter des affrontements », explique Gblaé Kazio Hyppolite, natif du village de Keibly que nous avons rencontré vendredi après-midi à Blolequin en compagnie du secrétaire général du chef de terre, Sehou Charles. Il est membre du Comité sous préfectoral de la gestion foncière relative à  la forêt classée de Goin-Débé. Le 02 novembre le comité a adressé un mémorandum au Préfet de Blolequin  et aux autorités de la ville pour les interpeller sur la question. « Avant le décret qui a classé la forêt de Goin-Debé, nos parents habitaient le site de Goin-Debé. Ils y ont cultivé et ont créé des plantations et cultures maraichères. Après la décision de l’Etat de Côte d’Ivoire de  classer cette forêt, nos parents ont été déguerpis de force par l’Etat de Côte d’Ivoire. Pour le respect de l’autorité, ils n’y ont opposé aucune et sont revenus dans les forêts appelées aujourd’hui, forêts villageoises. A leur grand étonnement, en 1974, l’Etat de Côte d’Ivoire par le biais des sous-préfets va installer nos frères Akans du Centre devant la puissance publique de l’Etat  et de son parti –Etat, le Pdci Rda. Nos parents se résignent à observer et se demandent si les raisons d’équilibre écologique avancées par l’Etat n’existent plus ou ne sont plus d’actualité. Chacun s’est donc demandé :  « Pourquoi cette injustice criarde à l’endroit des populations autochtones ? » Et les populations autochtones dans le silence ruminent leur colère. Ainsi les différentes crises liées au foncier voient le jour pour atteindre le point culminant aujourd’hui. » Peut-on lire dans le document. Et au président du comité, Yahi Blehon de faire la génèse de la crise. Selon lui, en 2002, au lendemain de la crise politico-militaire, les communautés Akan et Burkinabès se sont retirées de leurs plantations pour des raisons de sécurité. Les populations autochtones occupent alors ces plantations de 2004 à 2007. L’administration locale et le ministère de la Réconciliation négocient le retour des baoulé et Burkinabès sur la base de partage de ces plantations avec une clé de répartition de 1/3 pour les autochtones et 2/3 pour les Baoulé et Burkinabè. « Cette opération a connu un succès et nous avons vécu en bonne intelligence. Malheureusement, la crise de 2011 est venue casser ce lien dynamique qui nous unissait. Autochtones, allochtones et allogènes doivent réapprendre à vivre ensemble et à renouer avec la cohésion sociale. C’est pourquoi nous demandons à rejoindre nos frères pour exploiter les parcelles de terre non encore utilisées ou dans le cas échéant repartir sur la base de répartitions de moitié pour nos frères burkinabè qui sont entrés dans la forêt classée au cours de la dernière crise, et sur les mêmes bases de 1 /3  pour nous et 2/3 pour nos frères baoulé », explique le président du comité. Le chef de Village de Keibly pour sa part déplore ‘’ la politique de deux poids deux mesures de l’Etat’’ et le fait que des Dozo érigent désormais  des ‘’corridors’ ’sur les voies menant dans la forêt classée afin d’empêcher les populations autochtones d’y avoir accès. « Pour moi c’est le deux poids deux mesures de l’Etat  qui me gêne. Pourquoi autoriser une communauté à s’y installer et s’opposer aux autres,  les autochtones de s’installer. Soit la forêt est classée et interdite pour tout le monde, soit  elle autorisée et ouverte à tous. Je déplore aujourd’hui également  que des Dozo érigent même  des ‘’corridors ‘’  sur les voies menant dans la forêt classée  sur la route qui mène au canton Boo, sur l’axe Keibly –Bloc à la limite de la forêt classée afin d’empêcher les populations autochtones d’y avoir accès. J’ai même convoqué l’un des chefs Dozo chez moi pour comprendre cette attitude », déplore le chef Louho Jean Robert. Le chef de la communauté Akan de Blolequin, que nous avons joint pour avoir sa version des faits, a prétexté d’un problème de santé pour éviter une  rencontre. Son adjoint, de son côté s’est abstenu de tout commentaire.

 

Abou Traoré, envoyé spécial à Guiglo, Beoua, Blolequin

 

Ces questions qui interpellent l’Etat au sujet de la  forêt classée de Goin-Debé …

La forêt classée de Goin-Debé  d’environ 137 000 hectares selon la quasi-totalité des témoignages recueillis  à Guiglo, Beoua, Blolequin serait  à la base des conflits récurrents dans la région du Cavally. Pour les populations, l’enjeu, c’est les ressources forestières qui ont été toutes pillées aujourd’hui. En effet, de l’aveu des personnes interrogées dans les villages riverains comme à Guiglo ville, une véritable mafia règne autour du café et cacao produits dans ce parc. « Désormais ce n’est plus forêt classée mais cacao classée », ironique le chef de canton de Beoua. La question de fond  est de savoir comment une forêt classée, donc  avant tout une aire protégée, interdite de toutes activités culturales ou d’exploitation, soit depuis  environ 50 ans occupée par des  milliers de clandestins au point de menacer la stabilité de la région. Sous l’œil bienveillant de l’administration publique. « Dans les grands campements dans la forêt classée de Goin-Débé, l’Etat a construit des centres de santé et  des écoles  avec des instituteurs affectés. Alors qu’aux termes des dispositions des articles 42 à 48 du Code forestier de 2014, les forêts classées, domaine forestier permanent de l’Etat, sont strictement interdits à tout usage autres que les droits d’usage forestier dûment prescrits. Aux termes des dispositions de l’Article 44 du Code forestier, en son alinéa 2 « L’exercice des droits d’usage forestier ne peut être restreint ou suspendu par le plan d’aménagement de la forêt concernée ». Cette disposition suppose  qu’aucun plan d’aménagement de la forêt ne doit justifier la présence d’école et de centre de santé dans les forêts classées. Mieux  des bureaux de votes même y sont installés lors des élections », déplore un cadre de Beoua qui a requis l’anonymat. Pour certains villageois, l’Etat est face à un dilemme et doit prendre ses responsabilités. « Soit on déguerpit tout le monde soit on déclasse cette forêt et tout le monde  y a accès », proposent des villageois. Pour d’autres, la persistance de ces conflits fonciers à l’Ouest  est à mettre à l’actif de certains  cadres politiques et chefs de communauté dans les villes qui ne joueraient pas franc-jeu. « Ces règlements de conflits sont une occasion pour certains cadres de se positionner sur le terrain politique. Ils torpillent les actions de leurs collègues cadres et vice versa. Du coté des chefs de communauté, ces conflits sont des moyens pour se faire de l’argent. Ils prennent l’argent du Gouvernement au prétexte de faire de la sensibilisation. Combien sont-ils réellement qui vont dans les campements et villages impliqués dans les conflits pour faire la sensibilisation et parler aux parents ? », s’interroge Simon Kahé. Aujourd’hui,  la responsabilité de l’Etat est grande pour trouver une solution définitive à ces conflits fonciers récurrents dans le Grand Ouest. « Nous avons épuisé toutes nos cartes de résolution de la crise. L’État doit envoyer un signal fort aux populations du Cavally en arrêtant les meurtriers et désarmer les personnes en arme. Surtout faire sortir tous ces voyous de la forêt classée du Goin-Débé. Ce sont des hors-la-loi » tranche Sérodé Gui Hervé, député de Guiglo commune et président du parlementaire « Nouvelle Vision ».

 

 

A.TRAORE

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