Immigration clandestine: Comment les agences de recrutement de clandestins opèrent à travers les 10 communes d’Abidjan

Publié dans Société
lundi, 11 décembre 2017 00:00
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Les filières de l’immigration clandestine se créent au quotidien à travers les dix communes d’Abidjan. Au grand bonheur des agences de recrutement de clandestins qui font de bonnes affaires sur le dos des candidats au voyage à haut risque. Enquête.

Pour infiltrer le réseau des passeurs, nous nous sommes fait passer pour un candidat au voyage. Ce jeudi du mois de novembre 2017 quand Sidiki, un passeur dans son agence de recrutement d’Adjamé Bracodi (Abidjan)  nous reçoit en toute discrétion après s’être rassuré de notre intention de voyage, il nous révèle clairement les réalités de l’affaire. «Le voyage est très difficile pour ceux qui viennent avec une somme avoisinant 800.000 Fcfa, car ils peuvent souvent faire une durée de 2 à 4 mois avant de pénétrer en Europe. Mais pour ceux qui désirent entrer le plus tôt possible, ils risquent la mort plus que les autres. Cela parce que tout d’abord le voyage part d’Abidjan à Niamey qui fait deux jours, ensuite de Niamey à Agadès et d’Agadès à Saba qui dure deux semaines. Enfin de Saba à Tripoli qui fait une semaine avant d’emprunter le bateau lorsque l’eau est stable. Aussi, nous faisons partir certaines personnes par vol avec la somme de 1.500.000 Fcfa. Mais le vol se prend à Niamey (Niger).

Le voyageur va retirer son passeport avec nos correspondants résidant à Niamey et prend son vol pour Tripoli et enfin le bateau pour l’Italie », explique le passeur. Qui ne cache pas le fait que cette traversée du désert a plusieurs conséquences dont la mort, la faim, l’accident de la circulation et même le rapatriement. Selon le témoignage d’Adams, un autre agent de recrutement rencontré dans la commune d’Abobo, qui affirme avoir réussi à faire partir 183 jeunes en 10 mois d’activité, ‘’l’aventure est risquée mais pas impossible’’. «Ce voyage est très difficile. Bien vrai que je fais partir des personnes, mais mon propre frère est mort en cours de chemin en allant en Lybie suite à un accident de voiture qui a fait au moins 35 morts dont 15 Ivoiriens. Mais nous n’avons pas le choix car tous ces jeunes ne veulent plus rester au pays à cause de la pauvreté dans leur famille et le manque d’emploi que connait le pays à l’heure actuelle», confie notre interlocuteur.  Les différents témoignages font ressortir que le coût du voyage de ces filières clandestines varie de 700 000 à 2.500.000Fcfa, mais les conditions sont différentes selon l’agence de recrutement et les services offerts et leurs lots de risques.

La souffrance vécue par un expulsé

 Dans notre quête d’information, nous avons rencontré Ibrahim dans la banlieue d’Anyama. C’est un expulsé de la Lybie. Selon ses témoignages, il serait préférable d’aller par vol parce que la souffrance qu’il a vécue avant d’être rapatrié a été immense. «Lorsque j’ai quitté Abidjan pour Niamey en car, c’est là que le calvaire a commencé car nous étions 1500 migrants pour la traversée du désert en partance pour Tripoli avant d’affronter la mer pour l’Italie.

Les responsables nous ont mis dans une bâchée (camionnette) au nombre de 40 personnes. Par la grâce de Dieu, j’ai survécu à cette dangereuse traversée qui a fait au moins 7 morts. Mais à notre arrivée, nous étions livrés à nous-mêmes et les responsables nous ont trahis. Et c’est ainsi que nous avions été dépouillés de tous nos biens et avons été saisis par la police libyenne. Vraiment, j’ai été volé, torturé et enfermé dans une prison sans raison valable », raconte le rescapé. Les ONG impliquées Aujourd’hui, la filière de l’immigration clandestine prospère à travers les dix communes d’Abidjan. Partout, des démarcheurs d’agences et de passeurs sont à la recherche de jeunes réceptifs à leurs promesses d’Eldorado au péril de leur vie. Selon le responsable d’une agence de recrutement de clandestins d’Anyama dont les affaires marchent, ‘’plus de 30% de la jeunesse ivoirienne quitte le pays à cause du manque d’emploi, de la cherté de la vie et même du désespoir pour certains qui ont été refoulés, après avoir pris les armes pendant la crise’’.

Une aventure qui peut se terminer tragiquement. Les rescapés gardent des souvenirs indélébiles de la traversée périlleuse à travers le Sahara, puis les conditions très difficiles de survie. « Mais ces jeunes gens préfèrent mourir dans le désert ou dans la méditerranée à la recherche d’un profit convenable pour leurs différentes familles que de rester en Côte d’Ivoire sans emploi», poursuit notre interlocuteur. Plusieurs sources n’hésitent pas à pointer du doigt les nombreuses ONG nationales et internationales qui se seraient spécialisées dans cette activité clandestine mais rentable au vu du nombre de candidats qui augmente chaque jour malgré les risques. Cela au prix fort de 2 millions de FCFA avec un passeport.

En effet, l’immigration clandestine comme nous l’avons découvert à travers ce reportage, est alimentée en partie par une économie du passage clandestin de plus en plus organisée par de véritables réseaux transnationaux, souvent mafieux, qui fournissent des faux papiers aux candidats au départ, déterminent les moyens de transport, les trajets et les modalités de passages aux frontières et recrutent de la main-d’œuvre directement dans les pays d’origine, au profit de rabatteurs peu scrupuleux, en conduisant certaines personnes à des formes d’esclavage moderne. Il appartient au gouvernement d’être regardant sur la montée de ces vendeurs d’illusions qui promettent monts et merveilles aux jeunes gens au péril de leur vie.

A.TRAORE

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