Le zona ou ‘’ceinture’’ : Comment détecter et soigner ce mal attribué à tort aux sorciers et au VIH /sida

Publié dans Santé
lundi, 03 juillet 2017 00:00

Le zona ou ‘’ ceinture de feu’’ est une maladie qui touche en particulier les adultes et sa fréquence augmente avec l'âge : 60 % des cas surviennent après l'âge de 45 ans, et plus de la moitié des 80 ans et plus développent un zona. Souvent aiguë et sans séquelles, et maladroitement attribué aux sorciers ou au VIH/ sida, le zona peut néanmoins avoir des conséquences lourdes sur la santé et la qualité de vie, notamment à cause des douleurs neuropathiques post-zostériennes persistantes qui touchent 20 % des adultes.

Le zona ou ‘’ ceinture de feu’’ résulte d'une réactivation du virus de la varicelle. Parmi les patients, 60 % ont plus de 45 ans tandis qu'une personne sur 2 âgée de 85 ans ou plus développe un zona. Les femmes sont plus souvent touchées que les hommes et l'incidence pourrait augmenter du fait du vieillissement de la population, raison pour laquelle les professionnels de santé et les autorités se sont intéressé au problème depuis plusieurs années. Les premiers résultats d'études épidémiologiques de terrain datent de 2001. Dans cette enquête du réseau Sentinelles, l'incidence du zona était estimée à 3,2 cas pour 1 000 habitants dont 18 % avaient ultérieurement des douleurs post-zostériennes. Affectant sérieusement la qualité de vie, ces douleurs neuropathiques peuvent revêtir différentes formes (des brûlures, des fourmillements continus ou à l'inverse des coups de poignards, des décharges électriques) mais elles sont le plus souvent très vives et intolérables, au point que le port de vêtement sur les zones douloureuses soit difficilement supportable. Une étude plus récente montre des résultats similaires, avec une persistance des douleurs post-zostériennes de 32 % à 3 mois et 17,6 % à 6 mois. Ces douleurs peuvent être handicapantes et ont un impact négatif important sur la santé globale et la qualité de vie des patients qui en souffrent, avec un coût annuel de la maladie estimé à 170 millions d'euros dont 61 millions pris en charge par l'assurance maladie.

Un cercle vicieux

Le zona peu se manifester par des picotements, des démangeaisons ou des douleurs sur un côté seulement du corps ou du visage. Dans sa phase aiguë, des éruptions vésiculeuses peuvent survenir, toujours accompagnée de douleurs d'intensités et de durées variées. Mais le zona peut entraîner des douleurs qui persistent ou apparaissent après la résolution des lésions cutanées du zona. Si elles s'estompent dans la majorité des cas elles peuvent persister et devenir chroniques au grand dam du patient. A l'exception des zonas qui surviennent chez les sujets très âgés, ceux qui touchent le nerf oculaire (zona ophtalmique) ou ceux qui se généralisent chez une personne dont l'immunodépression est majeure (cancer, SIDA), l'évolution d'un zona est en général bénigne. La guérison est généralement obtenue en deux à six semaines. Seule la patience et un bon traitement viendront à bout de cette dermatose invalidante. Comme le zona peut atteindre toutes les parties du corps (bras, torse, dos, visage), la gravité dépend de la localisation du trajet nerveux qu'il a décidé de suivre. Lorsqu'il touche l'œil, il peut provoquer une atteinte de la cornée dont les conséquences sont, outre la douleur oculaire, la cécité. Parfois, les douleurs persistent très longtemps (algies post-zostériennes). De même, l'importance du déficit immunitaire dans l'apparition d'un zona, de quelque importance qu'il soit, fait dire à certains médecins qu'un test HIV est nécessaire, surtout s'il survient chez un individu jeune sans raisons apparentes. Bien vieillir est un thème récurrent face au vieillissement de nos populations. Vivre plus longtemps devrait en effet se lire "vieillir en bonne santé". Pour cela, de nombreuses recommandations pour bien vieillir existent, notamment en ce qui concerne l'hygiène de vie comme l'activité physique et l'arrêt du tabac. Mais malheureusement, les changements physiologiques propres au vieillissement et notamment la diminution des défenses immunitaires au cours du vieillissement, surtout après 60 ans, fragilisent les personnes âgées. Par ailleurs, la fréquence importante de pathologies telles que le diabète, l'hypertension artérielle, le déclin cognitif ou encore des facteurs psychosociaux comme la précarité ou l'isolement contribuent à la fragilisation de nos aînés. Bien qu'un peu vague, le terme "fragile" désigne chez les personnes âgées une prédisposition à la survenue de maladies et à une mortalité accrue, ainsi qu'à la perte d'autonomie, au placement en institution, aux chutes et aux fractures du col du fémur. En France, on ne dispose pas de données précises sur le sujet mais on estime que 10 à 25 % des personnes de plus de 65 ans sont fragiles et que cette proportion augmente avec l'âge pour atteindre 50 % à 80 ans et plus de 60 % à 90 ans. Dans ce concept de fragilité sont incluses les maladies infectieuses comme la grippe ou le zona. Ces infections sont à la fois cause et conséquence de la fragilité liée à l'âge : les personnes fragiles sont plus susceptibles de développer un zona par exemple, et à son tour, un zona contribue à fragiliser davantage une personne âgée notamment du fait de la douleur et de l'incapacité causée par cette maladie. Une sorte de cercle vicieux s'instaure alors et expose ces personnes à ne pas retrouver l'état dans lequel ils étaient avant la maladie. Autant de raisons pour prévenir et prendre en charge le plus précocement possible le zona, dès les premières manifestations ou mieux, de protéger cette population par une vaccination susceptible de prévenir la maladie mais aussi de limiter la durée et l'intensité des douleurs post-zostériennes.

La vaccination contre le zona recommandée !

Disponible depuis 2006 dans d’autres pays, le vaccin contre le zona est recommandé en France depuis octobre 2013 chez les adultes âgés de 65 à 74 ans en raison de son efficacité pour réduire le poids de la maladie : l’incidence du zona mais aussi l’intensité et l’incidence des douleurs. Mais il faudra encore attendre avant que le vaccin soit disponible en pharmacie et remboursé. En 2005, la prestigieuse revue médicale The New England Journal of Medicine publie d'excellents résultats pour un vaccin expérimental contre le zona chez les plus de 60 ans. Incluent plus de 38 500 adultes, cette étude a démontré une réduction de la survenue du zona de 51,3 %, de 66,5 % des névralgies post-zostériennes. A la lumière de ces résultats, les autorités européennes et américaines ont rapidement octroyé une autorisation de mise sur le marché pour le vaccin Zostavax mis au point par les laboratoires Merck et Sanofi-Pasteur MSD dans l'indication "Prévention du zona et des douleurs post-zostériennes chez les sujets de plus de 60 ans". Les effets secondaires les plus fréquents ont été des réactions cutanées au niveau des sites d'injection et des céphalées. Si vous êtes la victime de ce virus, le premier volet du traitement que votre médecin proposera consiste en une désinfection cutanée à l'aide d'un désinfectant type Chlorhexidine. Ensuite, selon les circonstances, son ordonnance peut prévoir un traitement antiviral, d'autant plus efficace qu'il sera prescrit dès l'apparition des signes et à fortes doses. Enfin, votre médecin pourra vous proposer des médicaments supprimant la douleur comme l'aspirine, qui est parfois suffisant. Il ne sert à rien de jouer les fortes têtes. Vous devrez suivre ses instructions à la lettre pour éviter les complications, qu’elles soient infectieuses ou douloureuses. Lors de l'application locale de produit, éviter de frotter la peau. Séchez-la sans friction. En dehors des périodes de pansements, portez des vêtements légers, non serrés et absorbants (coton). Remisez les vêtements en laine, en nylon ou en fibre synthétique, tant que la peau n'a pas repris son aspect normal. De plus, n'appliquez aucun onguent personnel sans demander à votre médecin. Les macérations sont parfois catastrophiques. Si la douleur persiste ou s'intensifie, n'hésitez pas à consulter de nouveau. Il doit trouver l'antalgique qui vous convient car souffrir n'a pas de sens. Dernier conseil : si certaines personnes dans votre entourage ont une immunodéficience connue, interdisez-leur les visites le temps que tout rentre dans l'ordre. Le virus  n'est certes pas très contagieux, mais il pourrait devenir très dangereux chez ces personnes à risque.

A .Traoré

 

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